Quelques photos de Trivium et d'In Flames à L'AB.
lundi, novembre 28, 2011
lundi, avril 25, 2011
lundi, février 28, 2011
27 ans : .
Voilà voilà, j'ai 27ans aujourd'hui !
Ce week end j'ai reçu, de la part de ma moitié, ce magnifique livre sur Hayao Miyazaki ^^
dimanche, février 20, 2011
samedi, février 19, 2011
lundi, janvier 24, 2011
Chapitre 13 : la chute de Leterne : .
C'était le matin, le soleil pointait à l'horizon et sa lumière blafarde commençait à inonder la campagne Boraine sous les cris sinistres d'un vieux coq à moitié déplumé.
De cette journée naissante s'élevait une rumeur : Tripotin était de retour au pays.
Tout le monde avait encore en tête le combat qu'il avait courageusement mené ainsi que sa disparition tragique dans les bas-fonds de Bruxelles.
Depuis, le pays était gouverné d'une main de maître par Leterne et ses sbires : Rudy Lamotte et le terrible Monseigneur Léopard qui exerçait son droit de cuissage avec une rudesse implacable.
C'est en ce jour mémorable que notre ami et son armée franchirent la frontière gelbe après avoir passé la nuit dans une grange malfamée. Alors que la troupe dormait, Andronache et Tripotin avaient échafaudés un plan sans failles, ils devaient rejoindre Naast et suivre la Senne jusqu'à Anderlecht, ils pénétreraient ensuite dans le pertuis qui passe sous la capitale avant d'assiéger la ville par les égouts.
C'est donc ce matin qu'ils s'étaient mis en route vers la région de Soignie.
Le pays avait bien changé depuis son départ. Les villages, qui étaient autrefois animés par de nombreuses réjouissances alcoolisées avaient été abandonnés, des quartiers avaient brûlés et çà et là, des cadavres en décompositions étaient allongés à même le sol. Des dizaines de sangliers avaient pris possession des terrains désertés et se régalaient à présent des vivres laissés par les habitants.
Ils traversèrent Mons dans l'après-midi et partirent en quête d'un bar mais toutes les portes se fermaient sur leur passage. Depuis la disparition d'Elio Di Poreaux, les gens vivaient dans la terreur. Saisissant l'occasion, Leterne avait fait ériger de nombreuses statues à son image sur la Grand Place ainsi que de nombreux portraits peints à même les murs.
Après avoir fumé quelques mégots de cigarette trouvés dans un caniveaux sentant l'urine, Tripotin et ses compères défoncèrent la porte d'un café et burent la réserve complète du pauvre tenancier qui, déjà affaibli par les innombrables taxes infligées par Lamotte, préféra s'ouvrir la gorge avec un tire bouchon.
Anéantis par l'alcool, ils sortirent ensuite du café à moitié nu et accrochèrent les intestins du tenancier autour du cou d'une grande statue.
Ils tirèrent de toute leurs forces jusqu'à mettre à terre cette infamie qui se brisa en morceaux sous les cris réjouis des badauds accoudés aux fenêtres des habitations environnantes.
De nombreuses personnes sortirent alors dans la rue et les aidèrent à détruire les ravages causés par L'homme pâle.
Le dernier portrait effacé, on ouvrit des tonneaux de bières et c'est sous les applaudissements et les vomissements que Tripotin et sa troupe quittèrent la ville, accompagnés par de nombreux volontaires.
Après un copieux repas composé de sanglier et de baies sauvages, la troupe arriva enfin à Naast, à la source de la Senne.
Ils suivirent furtivement le cours d'eau et arrivèrent à Anderlecht pendant la nuit.
Ils escaladèrent le dégrilleur placé devant le pertuis et furent emportés par le courant à l'intérieur du tunnel, ils parvinrent à sortir la tête de l'eau plusieurs dizaines de mètres plus loin et furent immédiatement assaillis par des milliers de moustiques.
Les gens du voyage, n'étant pas habitué à ce milieu hostile et nauséabond furent pris de panique, certains essayèrent de nager vers l'entrée mais finirent par mourir d'épuisement sous les cris horrifiés de leurs amis.
Tripotin parvint malgré tout à les calmer et c'est dans le silence qu'ils réussirent à rejoindre une sortie d'égout.
Ils sortirent les cadavres de l'eau et, dans la tristesse générale, les abandonnèrent au milieu des sangsues et des scolopendres.
Ils montèrent ensuite un escalier, traversèrent un ovoïde et arrivèrent au détour des galeries dans l'ancien pertuis de la senne sous les yeux émerveillés de notre héros qui n'avait pas revu ce prodigieux paysage depuis bien longtemps.
Rien n'avait changé, il retrouvait enfin ces odeurs champêtres qu'il avait tant aimé par le passé, quand il vivait heureux avec Houblonia puis avec son fils Chester.
Ils marchèrent dans un dédale de galerie et débouchèrent sur le Collecteur de la Bourse.
Soudain, dans un tournant, ils rencontrèrent un petit animal occupé à détacher des sacs de mort au rat de la paroi.
Tripotin s'avança et dans un cri de bonheur il hurla : " CLITORINNE ! "
Celle-ci se retourna, dévisagea l'individu malpropre et sous le choc, s'évanouit.
Tripotin la prit dans ses mains et lui parla doucement, la créature finit par se réveiller avant de lui sauter au cou avec une joie non dissimulée.
Elle lui parla de ce jour terrible où tout avait été emporté à cause de la crue, de la destruction de leur abri et des agents de Leterne qui accrochaient sans cesse du poison dans les galeries. Beaucoup de ses compagnons avaient déjà péris, une brigade avait alors été constituée dans le but de détruire cette menace.
Elle lui expliqua également que la colonie l'avait cru mort pendant des semaines mais qu'ils avaient ensuite eu vent de son kidnapping en Afrique du nord grâce à un journal qui s'était échoué dans une galerie.
Depuis, ils n'avaient plus rien entendus à son sujet.
Après cette discussion réjouissante et la perte d'un Rom qui avait cru bon de mordre à pleine dent dans un sac de mort au rat, Clitorinne invita le reste de la troupe à la suivre.
Ils traversèrent de nombreuses galeries avant d'arriver au canal de décharge de Bruxelles Nord, ils prirent ensuite un escalier et arrivèrent dans une petite chambre qui avait autrefois été utilisée comme refuge pour les égoutiers.
C'est là, au fin fond des égouts, que se trouvait le nouveau refuge des rats.
La pièce était aménagée avec soin, un feu brûlait en son centre.
Autour de ce brasier se trouvait une multitude de rongeurs mais un de ces êtres attisa plus particulièrement la curiosité de notre héros.
Il était plus svelte et aussi plus grand que le reste de la bande, ses longs poils étaient impeccablement bien brossés et malgré sa laideur peu commune, une inépuisable intelligence brillait dans son regard.
Tripotin s'avança, les mains tremblantes.
- Chester?
L'horrible muridé se leva sur ses deux pattes arrières et observa le visiteur.
Après quelques secondes, il reconnu son géniteur et courra vers celui-ci, les yeux emplis de larmes.
Ils s'étaient enfin retrouvés !
Emus, les rats et les gitans applaudirent le père et le fils qui étaient à présent dans les bras l'un de l'autre.
C'était extraordinaire, ils n'auraient jamais cru se retrouver, même dans leurs rêves les plus fous, c'était maintenant chose faite. Chester invita Tripotin et les autres convives à s'asseoir près du feu et ils racontèrent chacun à leur tour leurs aventures respectives.
Chester avait bien grandi depuis la crue, il avait vécu avec Clitorinne et était devenu un sculpteur talentueux. Sa hideur repoussante ne l'avait pas empêché de se trouver rapidement des amis et malgré sa condition d'homme-rat, il semblait aussi heureux que possible.
Après ces retrouvailles inespérées, Chester fit rôtir quelques insectes ainsi que de magnifiques sangsues ramassées en bord de Senne.
C'est à ce moment qu'un horrible rire méprisant se fit entendre.
La troupe au complet se retourna, devant eux se tenait Leterne accompagné de Viorel, un Rom laissé pour mort après l'épisode de la Senne.
Viorel s'avança, sortit un pistolet et tira.
Clitorinne s'effondra sur le sol devant les yeux horrifiés de Chester.
Entre deux rires narquois, Leterne expliqua toute l'histoire : Le Gitan qui se tenait à ses côtés était en fait un de ces agents, il l'avait recueilli sur le bord de la route quelques semaines plus tôt et l'avait envoyé sur les traces de Tripotin, il s'était ensuite mêlé au groupe d'Andronache et avait rapporté les moindres faits et gestes de la bande avec l'aide d'un pigeon voyageur, il s'était ensuite fait passer pour mort et avait rejoint Laeken par les égouts où il l'avait retrouvé.
C'est à ce moment que Clitorinne rendit son dernier souffle sous les cris de détresse de chester.
Apeuré par les regards noirs que lui lancèrent ses anciens compagnons, Viorel s'enfui vers le canal de décharge.
Il fut bientôt poursuivi par Andronache et sa bande à travers le dédale des galeries.
Pétrifiés par la mort de leur amie, les rats, eux, ne bougèrent pas. Ils emmenèrent le corps inerte dans un trou situé dans la paroi de la pièce afin de lui rendre un dernier hommage et laissèrent Tripotin seul face à son ennemi.
Tripotin se leva et se plaça face à Leterne, les deux hommes se dévisagèrent durant de longues minutes dans un silence de mort.
Le dictateur attaqua le premier mais Tripotin réussi à éviter son coup de poing, il s'abaissa et attrapa une branche dans le feu avant de l'envoyer sur son adversaire qui perdit ainsi le haut de son costume dans un brasier infernal.
Voulant impressionner Leterne, Tripotin ôta lui aussi une partie de ses vêtements et dévoila son horrible torse velu.
Bien qu'ébloui par cette incroyable fourrure l'homme pâle ne se laissa pas faire et envoya valser le drôle dans une flaque fécale.
Celui-ci se releva et envoya une poignée de selle dans le visage de Leterne.
Aveuglé et sur le point de vomir, l'individu chancela et tomba à genoux contre une rampe de sécurité.
Tripotin fonça vers lui à toute vitesse avec l'envie de lui asséner un coup de poing en plein visage mais Leterne le prit en traître. Il s'écarta au dernier moment, se saisit du bras de son ennemi et l'envoya dans le collecteur.
Tripotin ne put rien faire, il coula à pic et fut emporté par un torrent de déjection sous les rires mesquins du vainqueur.
L'abandonnant à son triste sort, Leterne repartit vers la surface.
Pendant ce temps, Viorel courrait toujours dans les galeries. Au loin, il entendait les cris haineux des gitans en colères. Terrifié à l'idée de se faire rattraper, il se cacha dans un vieux tas de sac en lambeau et après que la menace soit passée, il rebroussa chemin et chercha une sortie.
Il grimpa au sommet d'une échelle et souleva avec peine une grosse plaque de fonte, il était enfin à l'air libre. C'est à ce moment qu'un camion hors de contrôle déboula dans la rue et percuta de plein fouet le traître qui alla se briser contre une façade.
Andronache et sa bande, qui étaient sortis un peu plus loin, se réjouirent devant cette scène macabre et, comme le veut leur tradition, ils passèrent chacun à leur tour devant le corps ratatiné de l'infâme et lui envoyèrent tous un crachat épais au visage devant les yeux médusés des Bruxellois regroupés sur le lieu de l'accident.
Ils marchèrent ensuite vers le parlement où le pouvoir en place était établi, une dizaine de jeunes Roms furent chargés de surveiller l'entrée.
C'est là qu'ils trouvèrent plusieurs anciens ministres attachés au mur avec des chaînes, d'autres étaient couchés sur des tables, nu et prêt à être autopsiés vivants.
Le tout était entassé dans une salle obscure et sentant la chair en putréfaction.
Parmi eux se trouvait également, dans un état plus que déplorable, les cadavres décomposés des membres de la famille royale. Seule survivante, Elisabeth était accroupie dans un coin et dégustait avec un plaisir certain le pancréas de vieille Fabiola.
Ecoeuré par cette scène, Andronache referma la porte, laissant les prisonniers à leur triste sort.
Ils continuèrent la visite du bâtiment à la recherche des hommes de mains de Leterne mais ils ne trouvèrent personne.
Ils redescendirent dans la rue mais une mauvaise surprise les attendait : Les jeunes Roms avaient disparu sans laisser de traces. Andronache aperçu alors une lettre, à l'entrée du parc situé juste en face. Il la ramassa et dans une fureur contenue, il lu à haute voix le nom du ravisseur : André Léopard, le chef de l'église Gelbe.
C'est à ce moment-là que juste en face, une voix s'éleva d'un balcon du palais royal.
Les gitans se précipitèrent vers la place et aperçurent avec horreur le dictateur accompagné de Rudy Lamotte, son larbin inexpressif.
Lorsqu'il annonça la mort de Tripotin, un silence de mort s'installa dans la capitale, le désespoir de la population était palpable. N'écoutant que leur courage, plusieurs personnes escaladèrent les grilles du palais pour mettre fin au règne tyrannique de Leterne mais ils furent immédiatement abattus par sa milice privée.
Au comble du désarroi, Andronache tomba à genoux, qu'allaient ils devenir?
Les apercevant au loin, Leterne hurla un ordre à la milice, ceux-ci se précipitèrent vers les roms, les encerclèrent et les prirent en joue.
Alors que tout semblait perdu, une explosion soudaine fit voler en éclat une des ailes du palais sous les yeux médusés de la population.
Profitant de l'étonnement général, les gitans parvinrent à désarmer leurs assaillants et s'enfuirent aussitôt vers Koekelberg, le bastion du primat de Gelbique.
Andronache sourit, il savait qui était le responsable de ce désordre.
Le calme revenu sur la place royale, un rire gras se fit entendre. Se retournant, Leterne vit Tripotin accompagné de dizaines de rats tranquillement installés sur le toit du bâtiment.
Un tonnerre d'applaudissement retentit dans la rue, le héros était de retour, le régime tyrannique de Leterme allait être renversé.
Alors que la troupe nauséabonde entamait la descente du toit avec une vivacité fulgurante, Leterne prit peur, il quitta le balcon et s'enferma dans le palais, laissant Lamotte à la merci des assaillants.
Paniqué, celui-ci voulu se jeter du balcon mais Tripotin tomba maladroitement du toit et retomba sur le pauvre homme au crâne lisse.
Tripotin se releva, essuya ses chaussures sur le costume de l'homme et enfonça la porte du balcon, un torrent de rongeurs déferla ensuite sur Lamotte qui ne put rien faire.
Ses lunettes furent brisées et ses yeux furent arrachés sans ménagement par les amis de Clitorinne qui attaquèrent ensuite sa gorge rachitique.
Chester, visiblement irrité par le visage contrefait de cet homme au crâne lisse, décida d'ouvrir son ventre avec un tesson de bouteille que son père lui avait affectueusement offert lors de leur retrouvailles.
Lamotte mourut pitoyablement après que l'homme rat ait déchiqueté et broyés ses organes vitaux avec ses énormes pieds velus.
Le cadavre fut ensuite jeté en pâture à la foule en délire qui le piétina et le brûla à même le sol sans autre forme de procès.
Pendant ce temps, à l'intérieur du bâtiment, Tripotin avait réussi à acculer Leterne, celui-ci lui demanda alors comment il s'en était sorti.
Après avoir été emporté par le courant dans le collecteur, il s'était retrouvé piégé dans un trop plein.
Il s'était ensuite agrippé à une pompe et avait escaladé un tuyau. Revenu sur le sol ferme, il s'était évanoui. Les rats étaient arrivés quelques minutes plus tard pour lui porter secours et Chester avait changé ses vêtements maculés d'une substance incertaine.
Après son réveil, le groupe était remonté le long d'une ancienne galerie technique et était arrivé à l'arrière du palais qu'ils avaient ensuite escaladé.
Ivre de fureur, Leterne fonça sur Tripotin, il devait en finir avec lui, son règne despotique en dépendait.
lus loin dans Bruxelles, les gitans étaient arrivés à Koekelberg.
L'imposante basilique se tenait là, devant eux, telle une montagne puissante et indestructible. Au sommet de cet imposant édifice, ils virent leurs jeunes acolytes, attaché sur la terrasse panoramique, au pied du dôme.
Ils rentrèrent dans le bâtiment et prirent immédiatement les escaliers qui les menèrent au sommet.
Un spectacle déplorable s'offrit alors à leurs yeux : leurs amis étaient attachés nus avec des barbelés, leurs dos avaient été fouettés et ils étaient tous maculés de la semence blafarde du lubrique homme d'église.
Les malheureux furent détachés et rhabillés avec des tentures trouvées dans les appartements de Léopard.
C'est alors que, sans crier gare, l'écclésiaste, qui s'était caché au-dessus du dôme, sauta sur Andronache qui, déséquilibré, fit une chute du haut de la terrasse avant d'aller s'empaler sur une croix aux pieds de la basilique sous les cris de détresses de ses compagnons pétrifiés.
Le primat, visiblement très agile, attrapa sa crosse et la fit tourner vaillamment avant de l'abattre sur la nuque de plusieurs Roms qui, accablé par la tristesse, ne purent rien faire.
C'est alors que Grigore, le bras droit d'Andronache attrapa Léopard par la gorge et le plaqua violemment contre une colonne.
Il essaya de lutter de toutes ses forces mais la pression de Grigore sur sa gorge était trop forte. C'est là que, dans un râle d'une indescriptible vulgarité, sa pomme d'Adam implosa.
Le vieil homme s'écroula sur le sol et essaya de se sauver en rampant.
Plusieurs gitans se postèrent alors devant lui avant de le rouer de coups.
Il fut alors jeté dans les escaliers puis amené dans la nef où il fut crucifié puis fouetté par les jeunes qu'il avait kidnappé.
Grigore versa ensuite de l'huile sur le corps inerte de l'infâme avant d'y bouter le feu.
Une fumée noire et épaisse se répendit alors dans la basilique, qui fut aussitôt désertée par les roms, et c'est dans un dernier cri de souffrance que Léopard mourut, dans l'indifférence générale.
Les gitans allèrent alors rechercher la dépouille d'Andronache, ils le détachèrent de la croix et dans un profond respect, le portèrent vers le palais royal.
Ils furent bientôt rejoins par des centaines de Bruxellois qui, dans un dernier hommage au vieil homme, arrosèrent le passage du cortège funéraire avec leur meilleure bière.
De son côté, la bataille entre Leterne et Tripotin, faisait rage, ils se frappaient depuis de longues minutes et leurs visages étaient tuméfiés par la violence des coups.
Profitant d'un moment d'inattention de son rival, Leterne avait réussi à faire tomber Tripotin dans les escaliers monumentaux du palais, celui-ci avait alors dégringolé les marches jusqu'au rez de chaussée.
Le pâlot avait alors profité de l'étourdissement de son ennemi pour l'attraper par la gorge avant de le jeter violemment contre la porte d'entrée qui vola en éclat.
Les protagonistes continuèrent leur combat à l'extérieur, sous les encouragements de la population, nettement en faveur de Tripotin.
Malheureusement pour eux, celui-ci était bel et bien entrain de perdre. A bout de force et le souffle cours, il ne parvint plus à se relever. Aveuglé par la haine, Leterne profita de son avantage pour doubler la violence de ses coups sous les cris de détresses des rats et de Chester, qui avait promis à son père de ne pas se mêler du conflit.
C'est à ce moment que Grigore et les autres gitans enfoncèrent les grilles du palais avant de s'engouffrer dans la cour avec des centaines de bruxellois en colère.
Submergé par la masse, Leterne tomba sur le sol et essaya de s'échapper en rampant comme un ver sur le sol maculé de sang frais.
Se relevant avec peine, Tripotin redressa son nez cassé, cracha quelques dents et écrasa son pied sur la colonne vertébrale de Leterne qui éclata en morceaux.
C'est ainsi que l'effroyable bougre, ne sachant plus faire le moindre mouvement, fut soumis à la vindicte populaire.
Piétiné, humilié, brûlé et souillé, il fut attaché vivant aux restes de Lamotte et de Léopard avant d'être jeté dans la Senne où il dériva pendant des heures avant de se noyer au milieu d'une faune bactérienne abominable.
Arrivé dans l'Escaut, son cadavre putréfié termina sa course dans une hélice de bateau où il fut déchiqueté en morceaux avant d'être englouti à la hâte par un Gardon qui devint dès lors inconsommable.
Après la victoire de Tripotin, un tonnerre d'acclamation avait envahi le pays. Les gens qui, depuis la prise de pouvoir de Leterne, restaient cloîtrés chez eux, sortirent enfin dehors dans la liesse la plus totale.
On ouvrit les tonneaux de bières et on offrit du tabac à Tripotin qui, visiblement en manque, venait d'enfoncer la porte d'un magasin.
Visiblement satisfait du dénouement de l'histoire, celui-ci invita des centaines de personnes à l'intérieur du palais où s'ensuivit une nuit particulièrement houblonnée.
La population se réveilla deux jours plus tard avec une gueule de bois abominable.
A la demande de Chester, un petit groupe de bruxellois fut envoyé au parlement pour mettre la main sur les anciens ministres.
Ils retrouvèrent très vite la pièce indiquée par les gitans et furent tout aussi écoeuré de voir la scène morbide qui s'offrait à leurs yeux.
Elisabeth, visiblement repue, dormait paisiblement au milieu des dépouilles cramoisies des anciens élus inutiles du pays.
Benoit Cerexhe, le seul survivant, fut emporté au palais où il fut reçu par un Tripotin visiblement dégouté par l'horrible visage amaigri de cet homme qui fut pendu quelques minutes plus tard et suspendu en haut d'une grue de chantier en guise d'exemple.
Quant à la princesse Elisabeth, elle fit la connaissance de Chester et ceux-ci devinrent immédiatement très proche.
Après une deuxième nuit orgiaque, Tripotin convoqua son coiffeur attitré et se fit faire à nouveau une magnifique coupe mulet avant d'être à nouveau couronné roi.
Une gigantesque réception fut organisée et la population Gelbe au grand complet y fut conviée.
Son décret sur la taxation drastique de l'eau plate fut remis au goût du jour et accepté par l'ensemble de son nouveau gouvernement composé de plusieurs Roms et de quelques rats.
On détruisit les statues de l'ignoble Leterne, on fit reconstruire les fontaines à Martini et on inaugura de nouvelles brasseries destinées exclusivement aux orphelins.
Le règne de Tripotin fut de loin la meilleure chose que le pays ait connu mais après une année de bienfaits en tout genre, il convoqua ses sujets sur la place royale.
C'est alors qu'il annonça, dans la tristesse générale, son départ.
Cela faisait des mois qu'il était rongé par le remord, il avait tué tellement de gens durant son périple qu'il voulait désormais se repentir, il partirait le lendemain pour l'abbaye Notre-Dame de Scourmont où il finirait ses jours dans la paix et le silence.
C'est alors que dans une fierté non dissimulée, il présenta à la foule son successeur.
Chester s'avança alors sur le balcon, accompagné par Elisabeth, qui était entre-temps devenue son épouse, et ses trois enfants : Cunégonde, Cosette et Anakin qui avaient tout trois hérités des tendances cannibales de leur mère et des traits particulièrement grossiers de leur père.
Elisabeth avait accouché de la portée la semaine d'avant et elle se portait comme un charme.
Après avoir présenté sa progéniture au monde, l'homme-rat fut couronné roi devant une foule quelque peu frustrée par son ignoble faciès mais magré tout confiante en l'avenir.
Tripotin, qui avait revêtu un magnifique costume en velours, fut porté en triomphe jusqu'à l'abbaye de Scourmont où les moines lui firent bon accueil.
Il fut retrouvé deux jours plus tard, gisant dans une cuve de Chimay. Le malheureux avait cru bon de boire la totalité d'une cuve mais, malgré son inextinguible soif d'alcool, il n'arriva même pas à boire un centième du contenu.
Son corps fut rapatrié à Bruxelles et enterré aux côtés de Clitorinne et d'Andronache dans la crypte royale.
Ses funérailles furent grandioses, à faire pâlir d'envie Karol Józef Wojtyla, Mickael Jackson ou autre Jean-Phillip Smet.
Des millions de gens s'étaient déplacé pour lui rendre un dernier hommage et tous versèrent un peu de bière sur son caveau.
Tripotin devint une légende impérissable, son histoire devint un mythe et la Gelbique vécut dans la prospérité jusqu'à la fin de la lignée des homme-rats.
mercredi, décembre 15, 2010
Chapitre 12 : L'expulsion de Tripotin : .
Partout en France, des camps de Roms étaient évacués ou brûlés par les redoutables agents de Sarkauschwitz, un abominable farfadet grincheux qui avait la main mise sur le pouvoir depuis plusieurs années.
Complexé par sa petitesse, celui-ci avait un jour décidé de renvoyer chez eux ce peuple de nomades sympathique bien qu'inutile.
Voulant fuir cet individu maussade, un flux migratoire ininterrompu s'était donc mis en route vers les différentes frontières du pays.
Après avoir décimé la population suisse, Tripotin s'était arrêté dans une grande prairie pour avaler le contenu du camping car qu'il avait dérobé.
Le frigo était rempli de mets raffinés, à faire pâlir d'envie les chefs des plus grands restaurants français.
Malgré ce menu royal, toute l'attention de notre héros était portée sur les innombrables bouteilles d'apéritif, accumulées sous des sacs de glace.
Il s'était assis dans la petite cuisine, avait ouvert une bouteille de clairette et s'était endormi, le sourire aux lèvres.
Le lendemain, il fut réveillé par le bruit assourdissant d'une main cognant sur les parois de son logis.
Après avoir chassé les divers insectes qui s'étaient installés tout autour de lui, notre individu se leva et ouvrit la porte en grommelant.
Un homme énervé à la peau grasse se tenait devant lui et lui tendit un papier.
Tripotin se pencha pour le lire.
C'était un avis d'expulsion, il devait partir du terrain avant le lendemain matin sous peine d'arrestation.
Saisi d'une paralysie soudaine, il bredouilla quelques mots dans un français plus qu'incertain et s'effondra lourdement sur le sol.
"Je ne parle pas ta langue, connard de Rom." dit le propriétaire du terrain.
N'ayant rien compris à la situation, Tripotin se releva et voulu fermer la porte mais une chose le troubla.
La veille, il était seul dans ce pré et là, il y avait des dizaines de caravanes spacieuses disposant toutes du confort le plus total.
Chose plus étonnante, il était seize heure et les gens se levaient à peine.
Ces fainéants notoires étaient entourés par des dizaines d'enfants mal-élevés qui étaient assis, à même le sol, dans une boue incertaine et malodorante.
Rassuré par la mollesse de ces campeurs du dimanche, Tripotin s'avança vers l'un d'eux.
L'homme était gras et bronzé, il avait une tasse de café à la main et portait un peignoir à carreau de mauvais goût.
Quand il vit notre héros, il se leva et vint lui parler, l'air suspicieux mais ne voyant en lui aucune menace directe, il l'accueilla dans sa caravane et lui servit une bière.
Tripotin lui raconta son histoire, de la prise de pouvoir à son arrivée en France mais il préféra omettre les nombreuses victimes qui avaient jalonnés son parcours.
Ayant passés leur temps à dormir, ces gens du voyage n'avait pas entendu parlé de lui et Andronache, puisque tel était son nom, eu bien du mal à le croire, pourtant, après quelques bières cette histoire devint soudainement réaliste et ils buvèrent de plus belle jusqu'à l'évanouissement.
Ils se réveillèrent à la tombée de la nuit dans un état vaseux pitoyable et sortirent pour prendre une bonne bouffée d'air frais.
L'heure étant tardive, la majorité des Roms s'était levée, ils avaient allumés un énorme feu de joie au milieu de la prairie et dansaient furieusement autour sur des airs de guitare endiablés.
Voyant cela, Tripotin sauta hors de la caravane et se mit à danser avec les habitants.
La chaleur aidant, notre héros finit par se déshabiller, offrant ainsi à la vue de tous son torse incroyablement velu, et dans une frénésie burlesque, il se risqua à chanter quelques titres de Linkin Pork sur un air de Reinhardt.
Le mélange musical improbable qui en découla fit vomir de nombreux gitans, pourtant, ceux-ci applaudirent vigoureusement cet apprenti chanteur qui n'avait pas hésité à ruiné cet incroyable air de jazz manouche.
Après ces réjouissances, ils retournèrent tous dans leur caravane respective et s'endormirent comme des bébés.
Le lendemain, Tripotin fut à nouveau réveillé par un bruit assourdissant.
Il se leva, s'ouvrit une bouteille et soudainement, avant qu'il n'ait eu le temps de l'ouvrir, sa porte vola en éclat et il se retrouva encerclé par une meute de policiers bavants et grognants, ceux-ci venaient de démolir l'entrée avec l'aide d'Andronache qui gisait maintenant sur le sol, le crâne fracturé.
Malgré les injonctions virulentes de notre ami et sa maîtrise en vomissement acide, il se fit tabasser avec force et la dernière chose qu'il vit, c'est un bras se lever avec à son extrémité, une matraque.
Il tomba ensuite dans les bris de verre de la bouteille qu'il venait de lâcher, se coupant le visage à de nombreux endroits.
Il se réveilla six heures plus tard, dans une petite et obscure cellule, sans chaussure, sans pantalon et pire que tout, sans alcool.
Cette terrible fatalité le plongea dans le désespoir.
Soudain, un terrible doute lui traversa l'esprit, il souleva son index tremblant et l'enfonça dans son rectum, il le plaça sous son nez et constata, avec un soulagement presque palpable, qu'il ne s'était pas fait sodomiser une fois de plus par un homme d'église.
A ses côtés il y avait un bol rempli d'une panade infecte et fumante ainsi qu'une cruche d'eau saumâtre que Tripotin bu d'une traite. Il laissa la panade sur le côté et se réfugia dans un recoin sombre de la geôle.
Les cris furieux de ses amis nomades résonnaient partout autour de lui, la troupe entière avait été arrêtée et conduit dans ce sinistre endroit.
Ils restèrent là de nombreuses heures jusqu'à ce qu'un petit être à l'haleine mentholée fasse son apparition.
Il passa les gitans en revue depuis le couloir central de la prison, urina sur l'un d'eux devant les policiers hilares puis somma aux prisonniers de se lever et de sortir en rang.
Terrifiés et humiliés, les pauvres gens obéirent sans broncher.
Ils furent conduits à l'extérieur de la prison accompagnés de plusieurs miliciens armés et furent introduits de force dans un petit bâtiment d'où montait une fumée dense.
A leur grand désarroi, cet édifice abritait des dizaines de douches et ayant ouïs les horreurs commises à l'encontre des juifs durant la guerre, ils prirent peur.
Les miliciens infligèrent une terrible correction à ces gens du voyage récalcitrant et ceux-ci, résignés, se déshabillèrent et marchèrent au pas vers une mort certaine
Un suspense insoutenable s'ensuivit puis vint le drame...
Des litres d'eau bouillantes se déversèrent sur les pauvres individus, leurs peaux mortes et leur saleté se détachèrent de leur corps meurtris, c'était une scène abominable.
Pire que le gaz, pire que la mort, non, rien n'était pire qu'une douche brûlante pour ces gens crottés et répugnants.
Tripotin avait l'impression qu'on lui lacérait la peau avec une lame rouillée, c'était insoutenable.
A bout de souffle, il attrapa la main d'une femme qui hurlait à ses côtés puis tomba sur le sol, inerte.
Il se réveilla deux jours plus tard, dans une grande salle d'hôpital, entouré de ses amis Roms et d'Andronache qui s'était fait recoudre et qui portait à présent une monstrueuse cicatrice très saillante au milieu de son visage.
Une odeur de savon flottait dans l'air et Tripotin eut beaucoup de mal à retenir ses vomissements.
Ils sortirent le lendemain, accompagnés de plusieurs policiers et de leurs chiens, et reçurent l'ordre de quitter le territoire immédiatement.
Les Roms retournèrent donc à leur camp et ne reparlèrent jamais de l'abominable scène des douches.
Se préparant au départ, notre héros eut une idée fabuleuse, il monta sur une caravane et s'adressa à l'assemblée.
Ils partirent le lendemain matin et firent route vers le nord. Une armée vengeresse avait été levée, le lendemain elle serait à Bruxelles et Tripotin avait bien l'intention d'évincer Leterne et de reprendre sa place au pouvoir.
Mais en Gelbique, tapie dans l'ombre, une autre armée attendait...


















